| Mars 2010 | ||||||
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Edison, l'inventeur de l'ampoule électrique, employait de curieuses méthodes d'embauche. Sa préférée était d'inviter le candidat potentiel à un repas. Il observait sa façon de manger, spécialement un détail en particulier: s'il salait sa soupe avant d'y goûter, il ne l'engageait pas. On imagine qu'il se disait qu'une personne qui préférait suivre une idée préconçue - la soupe ne serait pas assez salée - plutôt que de vérifier si c'était vraiment le cas n'aurait pas fait un bon observateur, et c'est la qualité première de tout bon scientifique. Est-ce que ça profite aux seuls scientifiques, d'ailleurs? Salez-vous votre vie avant d'y goûter?
À cette question, je dois malheureusement répondre oui, pour ma part, trop souvent... Je n'aurais pas été engagé par Edison! Je me fais une idée préconçue sur les gens et les choses, bien avant d'avoir pu les « goûter » vraiment. Je passe aussi mon temps à réagir en fonction d'événements futurs avant de les avoir vécus. La plus grande crainte que nous ayons, au fond, n'est-elle pas celle de l'ennui? On cherche donc à remplir notre vie d'activités qui vont lui donner du sel sans vraiment goûter à nos expériences. Nous émoussons, sans nous en rendre compte, notre sensibilité « gustative » de la sorte, et nous finissons par ne plus avoir vraiment de goût à rien. Il nous faut toujours plus de sel, toujours plus de distractions, qui ne nous laissent qu'un sentiment de fadeur. |
En cette époque du temps des fêtes, on voit beaucoup la charité s'étaler publiquement : des vedettes dévoilent leurs penchants charitables, y a des guignolées à droite et à gauche, on voit même des sans-abris - lire, des clochards - dans les journaux... J'avoue que je partage le sentiment de ce vieux poseur de Foglia, qui m'énerve souvent quand il joue à « regardez comme je suis plus intelligent que vous autres parce que je ne pense pas comme vous », mais qui fait aussi parfois preuve d'une belle sensibilité. Bref, ça m'agace, comme quelque chose qui sonne un peu faux et vide. |
Vous savez, la chanson du répondeur? http://www.youtube.com/watch?v=REQeSaLwp6c Mettons que c'est comme ça que je me sens ce soir. Mon ex et maintenant meilleure amie est dans la famille de son nouveau chum, et j'avoue que je suis jaloux et que je me sens délaissé. C'est bête, je sais. C'est la seule personne à qui je dis absolument tout et qui fait la même chose avec moi, et quelqu'un l'éloigne de moi. Il y a quelques mois, c'était moi qui sortais avec quelqu'un et elle qui était seule.Comme quoi, la vie est une roue qui tourne. Je me suis forcé à sortir pour briser mon isolement. Me suis retrouvé dans un souper, avec des femmes que je trouvais ternes. Quand l'une d'elles s'est mise à parler de son condo à Brossard, c'était trop: je suis parti, pour ne pas avoir à supporter ces banalités. En rentrant, je suis tombé sur un message de la femme que j'ai connue il y a quelques semaines, et avec qui ça n'a pas marché: elle me disait qu'elle serait à ce souper. Je suis parti trop tôt. En même temps, qu'est-ce que j'espérais au juste? Peut-être la tenir encore une fois dans mes bras, et vivre une autre nuit magique avec elle. Espoir futile qui aurait peut-être pu se réaliser, mais qui aurait mené à la même constatation de notre incompatibilité, dès le lendemain, l'ivresse des corps dissipée. Je ne sais pas ce que je veux. Au fond, je sais bien que je suis trop insignifiant pour retenir une femme. Je peux la charmer, pour un temps, mais ce n'est pas long qu'elle se rend compte que je n'ai rien à offrir. Je me sens tellement nul ce soir... Trop bibitté, trop perdu en ce monde pour me sentir bien avec une femme, ou pour qu'elle se sente bien avec moi. Je regardais, en revenant chez moi, les petits couples sur les terrasses, qui semblaient heureux. J'envie leur bonheur, et je ne pourrais pourtant pas vivre leur vie. Je ne sais plus qui je suis et ce que je veux. Peut-être que je me fais de trop grandes idées à mon sujet. Je ne suis sans doute qu'un grand inadapté, un raté. Je ne dis pas ça pour me plaindre: je constate. En même temps, je lisais le forum de Réseau Contact, et je voyais des gens qui, comme moi, se retrouvaient seuls. Trop orgueilleux pour admettre qu'ils se sentaient seuls. Avouer sa solitude, c'est un grand tabou de nos jours, même s'il y a de plus en plus de gens seuls. Ça fait pas winner. Chu tellement tanné des winners... C'est fou, je me désole d'être un looser, mais la dermière chose dont j'ai envie, c'est de ressembler à ceux que l'on définit comme des « gagnants »: grosse job, grosse maison, gros char, bien entourés. Ça me semble tellement vide comme idéal! Seulement, c'est quoi mon idéal de rechange? Je n'en ai pas. Voilà le problème. Je ne sais pas ce que je veux, ce que je suis. Je suis peut-être simplement victime du sydrome des raisins trop verts - le renard de la fable décrète que les raisins qu'il ne peut atteindre étaient trop verts, de toute façon. Je me raconte peut-être des histoires réconfortantes, au lieu d'accepter que je n'ai tout simplement rien fait de ma vie et qu'il est trop tard. Je ne sais plus.
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Vous pouvez visionner le reportage sur la fin de l'ère du pétrole ici: http://smartshare.awardspace.info/eco.php#9 |
Nous vivons la fin d'une ère. Combien de gens s'en rendent compte? |